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Littérature: Pierre Magnan par Rem

#1 L'utilisateur est hors-ligne   chirouille Icône

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Posté 26 03 2008 - 17:09

Par Rem

Chose promise, chose due.


Pierre Magnan
Rendons à César : le remarquable site de Pierre Ricou comprend l'essentiel sur Pierre Magnan.
Allez-y ça en vaut la peine, Magnan s'y exprime lui-même avec sa concision habituelle http://www.lemda.com.fr/

Donc voici juste quelques morceaux choisis :

Magnan vu par Magnan
Autobiographie passionnelle

Auteur français né à Manosque le 19 septembre 1922. Etudes succinctes au collège de sa ville natale jusqu'à douze ans. De treize à vingt ans, typographe dans une imprimerie locale, chantiers de jeunesse (équivalent d'alors du service militaire) puis réfractaire au service du travail obligatoire, réfugié dans un maquis de l'Isère.
Publie son premier roman, "L'aube insolite", en 1946 avec un certain succès d'estime, critique favorable notamment de Robert Kemp, Robert Kanters, mais le public n'adhère pas. Trois autre romans suivront avec un égal insuccès.
L'auteur, pour vivre, entre alors dans une société de transports frigorifiques où il demeure vingt-sept ans, continuant toutefois à écrire des romans que personne ne publie.

En 1976, il est licencié pour raisons économiques et profite de ses loisirs forcés pour écrire un roman policier, "Le sang des Atrides", qui obtient le prix du Quai des Orfèvres en 1978. C'est à cinquante-six ans, le départ d'une nouvelle carrière où il obtient le prix RTL-Grand public pour "La maison assassinée", le prix de la nouvelle Rotary-Club pour "Les secrets de Laviolette" et quelques autres.

Pierre Magnan vit en Haute-Provence dans un pigeonnier sur trois niveaux très étroits mais donnant sur une vue imprenable. L'éxiguité de sa maison l'oblige à une sélection stricte de ses livres, de ses meubles, de ses amis. Il aime les vins de Bordeaux (rouges), les promenades solitaires ou en groupe, les animaux, les conversations avec ses amis des Basses-alpes, la contemplation de son cadre de vie.

Il est apolitique, asocial, atrabilaire, agnostique et si l'on ose écrire, aphilosophique.

Addendum
(toujours par lui-même)
J'éprouve le besoin d'ajouter quelque chose à cette autobiographie succincte. Qui sait ? Cela servira peut-être de leçon à quelque auteur de province.

La publication de "Le Sang des Atrides" vendu à cent mille exemplaires ne me tira pas de l'ombre. On acheta machinalement le Prix du Quai des Orfèvres comme on achète le Goncourt. Le nom de l'auteur, ma foi…

Le suivant, "Le Commissaire dans la Truffière" fît seize mille exemplaires, "Le Secret des Andrônes" huit mille, "Le Tombeau d'Hélios" six mille, "Les Charbonniers de la Mort" quatre mille.
Quand je présentai "La Maison Assassinée" à Fayard, cet éditeur, découragé par ces échecs successifs, me retourna le manuscrit avec ce commentaire : "Il y a incompatibilité entre votre œuvre et notre capacité à la défendre".

Je m'étais méfié du coup et j'avais adressé le manuscrit à trois autres éditeurs : Belfond, Seghers et Denoël. Belfond me répondit les trois lignes conventionnelles qu'on fait tenir à tous les auteurs débutants, savoir : que mon ouvrage, malgré ses qualités, ne rentrait dans l'esprit d'aucune de leurs collections.

Seghers, par la plume de Louis Nucera alors directeur littéraire chez cet éditeur, me refusa le manuscrit trouvant que mon roman était trop littéraire pour être policier et trop policier pour être littéraire. Ce qui n'empêcha pas cet augure, un an plus tard, quand j'obtins le Prix RTL Grand Public, de m'ouvrir tout grands les bras, s'écriant que j'avais écrit là "le plus beau bouquin de ces dernières années". Bref.

Modestement, Michel Bernard, directeur littéraire de chez Denoël, m'envoya cinq lignes ainsi conçues :

"Monsieur, je ne puis attendre plus longtemps pour vous dire le plaisir immense que la lecture de votre roman m'a procuré."

Croyez-vous que c'était gagné ? Point encore ! Toute la maison Denoël dut aller au charbon : à commencer par mon attachée de presse, l'admirable, la chère Marie-Laure Goumet, mais aussi le patron de Denoël, Gérard Bourgadier, et Michel Bernard, directeur littéraire, et Bernard Wallet, directeur commercial, et Michel Nadel, diffuseur, et même le comptable, Claude Rubio. Ils envoyèrent, avant la publication, deux mille exemplaires sans couverture à deux mille libraires, avec cette bande en travers : "Vous devez absolument lire ce livre".

Mais je crois que ce qui emporta le morceau, ce fut, huit jours après la parution, la critique de madame Michèle Gautheyrou en première page du Figaro qui se terminait ainsi : "Lecteur, quels que soient vos goûts, vous devez lire ce livre, il ne pourra pas vous décevoir."

Les tirages cumulés, toutes éditions confondues, de "La Maison Assassinée", dépassent aujourd'hui les cinq cent mille exemplaires. Le refus des trois éditeurs de le publier n'était donc pas une faute de goût mais une faute commerciale.

Quelle conclusion peut-on tirer de cette aventure ? Aucune. L'édition est un jeu de hasard et quand on gagne, il n'y a jamais de quoi pavoiser.

Conseils de lecture
Si vous ne savez pas par quoi commencer, faites comme tout le monde, lisez "La maison assassinée".
Ensuite il y a tout le reste.
Voici une bibliographie sommaire (j'ai mis une * à ceux dont je suis sûr qu'ils sont des polars, avec ce que ça peut comporter de subjectif) :
Un monstre sacré, Denoël, 2004
Le sang des Atrides, Fayard, (réédition de 1977), 2004*
Le tombeau d'Helios, Fayard, (réédition de 1980), 2004*
L'Apprenti, Denoël, 2003
Mon théâtre d'ombres, l'Envol, 2002
L'Occitane, Denoël, 2001
Le monde encerclé, l'Envol, 2001 ( réédition de Julliard en 1949)
L'homme rejeté, l'Envol, 2001 ( réédition de Julliard en 1977)
Le parme convient à Laviolette, Denoël, 2000 *
Un grison d'Arcadie, Denoël, 1999
Les romans de ma Provence (album), Denoël, 1998
L'aube insolite, Denoël, 1998
La Folie Forcalquier, Denoël, 1995*
Les Promenades de Jean Giono (album), Chêne, 1994
Périple d'un cachalot, Denoël, 1993
Les secrets de Laviolette, Denoël, 1992 *
Le mystère de Séraphin Monge, Denoël, 1990*
Pour saluer Giono, Denoël, 1990
L'amant du poivre d'âne, Denoël, 1988
La naine, Denoël, 1987
Les Courriers de la mort, Denoël, 1986 *
La maison assassinée, Denoël, 1984*
La Biasse de mon père, Alpes de Lumière, 1983
Le Commissaire dans la truffière*
Le Secret des andrônes *
Les Charbonniers de la mort*
Un bon exemple de ce qui n'est plus vraiment du polar en en étant encore un peu, c'est "Le Mystère de Séraphin Monge". Techniquement il s'agit bien de la suite de la "Maison assassinée. Mais on entre dans une sorte de chronique de vie de village bas alpin, contée tour à tour par plusieurs des protagonistes. C'est le premier ouvrage où j'ai vu Magnan commencer à vraiment "sonner" comme Giono, à qui du reste il voue une admiration non dissimulée depuis leur rencontre dans la jeunesse de Magnan. Mais l'élève n'est jamais servile, l'hommage jamais pesant, et le niveau de langage extrêmement soutenu. Magnan est l'un des rares auteurs qui m'oblige parfois à prendre mon dictionnaire...

Voilà c'est tout pour aujourd'hui.
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#2 L'utilisateur est hors-ligne   Sanlobo Icône

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Posté 13 06 2008 - 09:35

C'était pas Rem qui avait pondu ce sujet sur Magnan (que j'adore) ?
<span style='color:red'>"La trop grande sécurité des peuples est toujours l'avant-coureur de leur servitude" — Marat</span>
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#3 L'utilisateur est hors-ligne   Rem Icône

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Posté 23 06 2008 - 21:14

Si fait merci San smileJap.gif
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#4 L'utilisateur est hors-ligne   chirouille Icône

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Posté 24 06 2008 - 15:05

Merci, j'ai apporté la modif. Quand j'ai récupéré tout cela sur le wiki, je n'avais pas trouvé le post d'origine.
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#5 L'utilisateur est hors-ligne   Sanlobo Icône

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Posté 25 06 2008 - 17:48

Et je me suis permis de modifier le sous-titre du sujet ("par ?" -> "par Rem").
De quoi j'me mêle… icon_redface.gif
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